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FFXIII-2 : le test complet

Page créée le 05/05/12 à 15h53 et éditée le 05/03/13 à 19h27
Contributeurs : ilanpifan AoEmaster

L'histoire commence trois ans après la chute de Cocoon et la défaite des Fal'Cie. Libérée de ses chaînes, l'humanité bâtit une nouvelle civilisation sur les terres de Pulse autrefois redoutées et entame sereinement une nouvelle vie. A l'exception de Serah Farron. En effet, pour une raison inconnue, la jeune femme est la seule à porter en elle le souvenir d'une Lightning encore en vie, présente à ses côtés. C'est alors que Noel Kreiss débarque dans sa vie et lui annonce qu'il a été envoyé par Lightning afin de les réunir. Déterminée à retrouver sa s'ur aînée, Serah décide d'accompagner le jeune homme venu du futur dans un périple qui cache bien d'autres enjeux.

 

« Je vous ai compris »

 Vous l'avez certainement entendu un bon millier de fois mais sachez que les critiques des joueurs concernant le manque de ville, la quasi-absence de PNJ, ou encore la linéarité ont été prises en compte. Inutile de le redire ? Possible, mais au vu du nombre de fois où ces aspects soi-disant négatifs (car tout n'est question de point de vue) ont été rabâchés et repris dans les médias, ce n'est qu'un juste retour des choses que de marteler le public de ces informations qu'il considère rassurantes. Les développeurs ont bien entendu les fans et ont décidé de mettre l'accent sur la liberté d'exploration. Quelques-unes des cartes du jeu rappellent la complexité des map de Final Fantasy XII : les lignes droites font à présent place à de multiples intersections débouchant sur des couloirs qui s'enchevêtrent et au bout desquels flottent divers coffres dont certains ne seront décelables ou ouvrables que par l'intermédiaire de Mog. Les environnements apparaissent également comme très vivants. De nombreux PNJ peuplent les lieux visités. Outre le fait que chacun de ces figurants possède ses propres activités, ceux-ci se montrent particulièrement loquaces lorsque l'on engage la conversation avec eux. En outre, interroger les mêmes personnes plusieurs fois a pour effet, dans certains cas, de dévoiler d'autres dialogues venant compléter les dires initiales. En plus d'apporter des connaissances supplémentaires, cet élément rend le joueur plus actif dans la mesure où il va mener sa propre enquête afin de récolter des indices lui permettant de progresser dans l'aventure ou de récolter des Fragments. On retrouve là une course à l'information caractéristique des Final Fantasy de la PS1 et que certains auront donc plaisir à retrouver.

 Le système de choix libre (ou Live Trigger) se veut lui aussi représentatif de la liberté de choix accordée au joueur par les développeurs et une réponse à ceux qui avaient décrit FF XIII comme un film interactif. Plusieurs fois au cours de votre aventure, il vous sera possible d'opter pour une réponse spécifique parmi quatre propositions. Au départ anodins, ils finissent par proposer de vraies options qui seront le reflet de vos pensées, de vos interrogations et donc de votre façon d'appréhender le scénario. Bref, vous incarnez un peu plus le rôle du personnage à l'écran. Ne vous attendez pas à ce qu'ils bouleversent le déroulement de l'histoire mais ceux-ci présentent l'avantage de réduire cette impression que le joueur est spectateur pour le faire devenir un peu plus acteur.

       

 L'absence de réelles quêtes annexes et de mini-jeux avait été fortement décriée et Square Enix a décidé de redresser la barre dans cette séquelle. Nombreuses, variées, certes d'intérêt inégal, ces à-côtés permettent d'accroître considérablement la durée de vie du soft. La course de chocobo rappellera des souvenirs à certains nostalgiques, le casino ravira les accro au jeu, la quête des Fragments charmera ceux qui souhaitent connaître l'univers de FF XIII-2 sur le bout des doigts. Et que dire de la capture des monstres et de leur élevage qui demandera de longues heures manette en main afin de les obtenir tous et au maximum de leurs capacités. Ces activités qui permettent de faire retomber un peu la pression du scénario donnent également la possibilité de découvrir tranquillement le monde de XIII-2. Mention spéciale enfin aux labyrinthes temporels dont la difficulté de certains (notamment les épreuves chronométrés des Aiguilles du temps) représente un véritable challenge qui, une fois relevé, nous laisse un petit sentiment de fierté.

 Mais l'une des meilleures réponses à la linéarité, à cet effet couloir présent dans FF XIII, reste encore le Coeur de l'histoire. Grâce à ce système, il est possible, à tout moment, de découvrir des environnements qui se détachent de la trame principale, d'explorer des lieux déjà connus mais montrant un tout autre visage selon les époques ou encore de revisiter d'anciennes zones et de modifier les actions déjà entreprises dans le but d'altérer le cours de l'histoire. Car le Coeur de l'histoire représente toute une série d'évènements qui sont la conséquence des décisions que vous avez prises durant votre voyage. Chacun de vos choix et de vos agissements se répercutent sur la mécanique de jeu qui évolue en parallèle. Cet élément de gameplay vous permet d'explorer le monde de Final Fantasy XIII-2 à volonté et d'influer sur la conclusion finale de votre aventure qui prendra parfois des formes multiples (fins paradoxales) selon les choix que vous avez esquissés. On notera que le Coeur de l'histoire possède les défauts de ses qualités : la permissivité qu'il laisse au joueur atténue la pression du scénario qui le captive et le maintient profondément ancré dans l'histoire. Son appréciation dépendra dès lors des affinités de chacun.

 

On ne change (presque) pas une équipe qui gagne

 Dans Final Fantasy XIII-2, l'apparition des monstres s'accompagne de la matérialisation d'une "Horloge Mog" à l'écran, définissant les conditions dans lesquelles vont se dérouler les affrontements (attaque surprise, affrontement normal, impossibilité de recommencer) si toutefois vous décidez de déclencher les hostilités. Car les ennemis ne sont ni invisibles, ni totalement présents à l'écran. L'amorce de combat se présente sous une forme un peu bâtarde, subtil mélange de combats aléatoires et de batailles initiées par le joueur. Si cette forme ne nous avait pas véritablement séduite après avoir testé la démo de l'E3, il se trouve qu'elle fonctionne plutôt bien, surtout dans le choix qui nous est laissé d'entamer le combat ou d'esquiver les créatures.

 Le système de combat de Final Fantasy XIII-2 en lui-même reprend peu ou prou les mécanismes proposés au sein de son aîné : vous disposez d'une jauge ATB divisée en plusieurs segments qui, une fois remplis, vous donnent la possibilité d'exécuter des actions, fonctions des rôles de vos personnages, dans le but de placer votre ennemi en état de choc, brisant ainsi ses barrières défensives. Mais, même si les éléments fondateurs de Final Fantasy XIII ont été conservés, de nouvelles subtilités ont été intégrées dans cette séquelle. Soyons francs, la plupart des modifications ne sont qu'anecdotiques. Si les dégâts de sang rajoute une petite dimension stratégique, les typologies de Stratégies (Normal, Concentré, Zone) ne s'utilisent que dans très rares cas. Le changement de leader ne trouve lui aussi que peu d'intérêt. Seules les Actions Cinématiques (QTE) ajoutent un peu de dynamisme aux affrontements toujours aussi nerveux et les effets visuels qui suivent leur activation ne sont pas inintéressants. On aurait aimé que le choix du niveau de difficulté du jeu (Facile ou Normal) se reflète dans ces séquences par l'intermédiaire de combinaison de touches plus ardues ou par un timing plus serré. Car la plupart, hormis certaines techniques de Synchronisation, se révèlent d'une simplicité enfantine. Dommage.

       

 La plus grosse évolution notable se trouve dans le système de Familier. Bien que totalement facultative, la capture des monstres devient très vite addictive de même que leur élevage. Car en plus d'intégrer vos rangs, les créatures progresseront en niveau au même titre que vos personnages humains. Vous pouvez décider soit de nourrir votre bestiole par l'intermédiaire de catalyseurs afin de la développer soit de procéder via un système de Transfert en la fusionnant avec un autre monstre notamment dans le but de lui faire apprendre des compétences inédites. Dès lors, recruter de nouveaux monstres afin de dénicher le plus puissant de sa catégorie, trouver un compagnon animalier le plus complémentaire possible ou porteur d'une capacité bien spécifique deviennent des activités à part entière. Au final, créer le monstre ultime s'avère extrêmement prenant et l'effet "Pokemon" ne se ressent absolument pas.

 Enfin, nous terminerons par quelques mots au sujet du système d'évolution : le Cristarium. Là encore, s'il est une reprise du système présent dans le précédent opus, Square Enix en a gommé les imperfections notamment en effaçant son aspect dirigiste au profit d'une progression libre, laissée à l'appréciation du joueur. Le nouveau Cristarium offre davantage de liberté ainsi qu'une plus grande personnalisation dans la mesure où il est possible de choisir les bonus que l'on veut appliquer aux personnages selon la carrière que l'on souhaite leur donner.

 

Quelques problèmes dans les finitions

 Graphiquement, le jeu n'a rien perdu de sa superbe, bien au contraire. Certes, le gap technique entre les deux opus est relativement faible mais quoi de plus normal avec un Final Fantasy XIII qui avait déjà placé la barre très haut. La qualité des cinématiques pré-calculées et des cut-scenes place une nouvelle fois le jeu comme l'un des plus beaux de sa génération. On peut déplorer toutefois quelques baisses de framerate dès lors que l'écran se retrouve encombré, particulièrement visibles au cours de la séquence d'introduction du jeu, ainsi que certaines textures, comme par exemple le rendu de l'eau qui, par endroit, manquent de finition, semblent un peu grossières, bâclées. Cela dit, ces légers défauts restent anecdotiques et ne viennent en rien remettre en cause les qualités visuelles du titre.

 On regrette un peu que certaines cartes ne soient pas suffisamment vastes ou que certaines zones comme la steppe d'Archylte ait étés amputées. La superficie de cette dernière s'est en effet considérablement réduite par rapport à celle de FF XIII, très certainement au profit de la liberté d'exploration du jeu dans sa globalité. Cela dit, le terrain de jeu change selon les conditions climatiques (ensoleillé, pluvieux, orageux et brumeux) ce qui lui donne un tout autre aspect et invite le joueur à la retraverser ne serait-ce que pour découvrir les nouveaux ennemis qui la peuplent. De même, on ne peut s'empêcher d'afficher un léger rictus en voyageant à travers le temps et en découvrant que, pour une même zone, la map a été reproduite à l'identique. Toutefois, là encore, Square Enix a tenté de donner au paysage un tout autre visage que ce soit par le biais de la musique, de la météorologie, du cycle jour/nuit, des quêtes annexes, de zones qui deviennent accessibles. L'effort est louable et plutôt réussi même si l'on aurait quand même préféré découvrir des environnements totalement nouveaux. C'est ce genre de petits détails qui nous laissent parfois penser que le jeu a été développé un peu dans la précipitation. Mais la plus grosse déception à ce niveau restera Fortuna. Présentée de manière alléchante pendant la promotion du titre, la capitale du divertissement se résume en réalité à une toute petite zone qui concentre en deux bâtiments ses activités principales : le casino et les courses de chocobo. Un grand sentiment de vide nous envahit dès que l'on pose les pieds sur le sol carrelé de la ville du jeu. Alors que l'on imaginait que Fortuna se présenterait comme une revanche sur l'impossibilité d'explorer plus en profondeur Nautilus, et que certains voyaient déjà en elle un deuxième Gold Saucer, on constate finalement que le minimum syndical nous a été servi. En outre, l'annonce assez brutale au sein du jeu de l'arrivée de futurs DLC qui proposeront d'autres mini-jeux liés à cette zone ne fait que renforcer notre frustration. Certes, cet élément ne ruine pas notre perception de FF XIII-2 mais nous avouons ne pas être restés impassibles face à cela.

 Autre point que nous aimerions mentionner : la reprise quasi-intégrale du bestiaire de FF XIII avec un ajout de nouveaux monstres très (trop) sommaire. Evidemment, il est tout à fait normal lorsque l'on visite à nouveau la Côte de Sunleth de retrouver Flans, Grenouilles hérissées et autres Sahuagins. Idem pour la steppe d'Archylte qui grouille à nouveau de Ahrimans et de Gobelins (entre autres). Mais ce gros copier-coller de la faune du précédent épisode nous laisse un goût amer. Petit bémol également concernant l'équipement de Noel et Serah. Là où chacune des armes de Final Fantasy XIII disposait de son design propre (excepté pour les équipements ultimes), celles de XIII-2 ne changent aucunement de forme. Seul leur coloris les distingue à l'écran. Square Enix ayant fait en sorte de remplacer les cinématiques pré-calculées par des séquences en temps réel dans le but de retranscrire à l'écran les costumes et armes portés par les personnages, il est dommage que ce visionnage ne soit perceptible qu?à travers une simple déclinaison de couleurs. Enfin, on notera pas mal de personnages « clonés », qui reviennent à l'identique, parfois lors de quêtes annexes. Encore, une fois, nous chipotons, nous pinaillons mais ce sont ces petits éléments qui donnent parfois l'impression que le jeu n'est pas totalement abouti et que certains éléments ont été négligés, oubliés voire peut-être même snobés.

       

 Mais là où FF XIII-2 souffre le plus c'est au niveau de son scénario. Au départ assez alléchant, il se développe de manière progressive, va crescendo, en déliant certains n'uds tout en fabriquant de nouvelles boucles tout aussi palpitantes et prometteuses. Le problème est qu'il finit par s'empêtrer lui-même dans les boucles qu'il crée, il se perd un peu dans les chemins tortueux qu'il nous fait emprunter au point de faire naître quelques ambigüités voire incohérences, de nous laisser face à quelques passages obscurs insuffisamment expliqués (même à travers les Fragments). Même s'il est possible de jouer à XIII-2 sans avoir poser les mains sur son prédécesseur, il faudra que ces nouveaux venus s'accrochent vaillamment pour ne pas se perdre. Attention, nous ne sommes pas en train de dire que l'histoire est inintéressante, bien au contraire. Mais le thème des voyages dans le temps, qu'il soit traité dans le domaine du cinéma, de la littérature ou encore vidéoludique, laisse place à de nombreuses approximations qui tendent à nous faire perdre le fil, à se sentir moins happé, moins impliqué. FF XIII-2 ne déroge malheureusement pas à cette règle avec ses Paradoxes temporels. Par ailleurs, le jeu manque assez cruellement de séquences chocs, dont on se souviendra après l'avoir terminé, marquant nos esprits. On retiendra l'introduction ultra dynamique dont la mise en scène rythmée et nerveuse, alternant entre passages jouables et superbes cinématiques, lui donne un souffle épique, une introduction aux accents dramatiques et même dantesque avec un Caius déployant de spectaculaires attaques et une force incroyable en se débarrassant d'une seule main d'un couple d'Eidolons, une force et une dangerosité que l'on aurait aimé retrouver lorsqu'on le rencontre à nouveau avec Noel et Serah d'ailleurs. Mais mis à part cela, les autres séquences ne viennent pas assez nous percuter. Quant à la fin, si elle reste parfaitement compréhensible et très intéressante, elle nous est déposée comme une bombe, avec des rideaux qui se ferment sur la scène de manière tout aussi brutale. De quoi en décontenancer plus d'un. Concernant les fins paradoxales, leur pertinence est inégale et dans l'ensemble elles ne sont pas d'un grand intérêt.

 Enfin, il est à noter que certains se sont empressés de voir dans le système de recrutement des monstres un moyen détourné pour se limiter à deux personnages, une excuse pour éviter à Square Enix le travail fastidieux que représente la sacro-sainte demie-douzaine de personnages qu'un Final Fantasy se doit de mettre à disposition des joueurs, et ainsi pouvoir sortir son produit rapidement. Dans la mesure où il est impossible d'affirmer ou d'infirmer de tels propos, nous ne statuerons pas. Mais nous souhaitons tout de même adresser un message à ces sceptiques. De ces deux options laquelle est préférable : une quantité réduite de personnages travaillés dont la présence se justifie entièrement ou une flopée de protagonistes dont l'absence de charisme de certains laissent à penser qu'ils sont là uniquement pour servir de bouche-trous ? Nous optons clairement pour la première réponse.

 

Un univers et des personnages extrêmement riches et travaillés

 Noel se révèle assez surprenant dès le début du jeu. Immédiatement décrié par certains comme un Tidus bis sans saveur (?), on jubile dès lors que l'on s'aperçoit qu'il n'en est rien. Ses toutes premières répliques, incisives et révélatrices de son franc-parler, font mouche. Si malheureusement le personnage ne tient pas toute la distance dans ce registre qui semblait séduisant, il parvient sans trop de peine à maintenir sa tête hors de l'eau. Véritable moral des troupes comme pouvait l'être Snow, il parvient toutefois à ne pas en reprendre la caricature parfois horripilante. Mais c'est en réalité son passé, sombre, qui le rend touchant. Un passé qui le relie directement à celui qui est devenu par la force des choses son ennemi juré, Caius. Animé par ses propres motivations qui vont bien au-delà de la destruction de toute vie, Caius se démarque du même coup du méchant classique dans le sens où, lui aussi, échappe à la caricature. Si il peut paraître difficile par moment de comprendre le méchant, d'éprouver de la sympathie pour lui, d'autant que certaines répliques issues du face à face final sonnent assez faux, on peut saluer Square Enix d'avoir voulu passer outre un scénario manichéen pour nous offrir deux visions différentes de la salvation.

 Le personnage de Serah est lui d'autant plus touchant et joliment travaillé qu'il a subi de vives critiques avant même que les joueurs n'aient eu la chance de le frôler. Injustement catégoriser comme héroïne nunuche, Serah apparaît au final comme une très belle figure de cet épisode. Car c'est dans les derniers instants du jeu que l'on mesure toute sa force de caractère, sa détermination. On prend conscience du savoir qu'elle portait en elle depuis un long moment, de ce fardeau qu'elle n'a pas hésité à porter jusqu'au bout. Sans jamais se détourner de sa tâche, celle que l'on prend pour la demoiselle en détresse depuis le début, et ce même si c'est Lightning qui a disparu, n'est en réalité ni plus ni moins que la figure chevaleresque de Final Fantasy XIII-2. Une fois notre première partie bouclée, en entamer une nouvelle nous donne une toute autre vision du scénario et de ce protagoniste. Si Serah nous paraissait frêle, fragile, pas forcément idiote mais ne percevant pas tous les enjeux qui se dessinent, on finit par réaliser au cours de cette relecture que c'est elle qui mesure plus que quiconque la portée de son voyage et les conséquences qu'entraîneront ses actions, ce qui ne l'empêche pas de toujours garder le sourire pour rassurer ses compagnons de voyage. Difficile d'en dire plus sans trahir le scénario mais une chose est sûre : Serah, extrêmement touchante une fois que l'on a découvert qui elle est véritablement, se distingue clairement des autres personnages. Au final, on se rend compte que les deux s'urs sont plus proches qu'on ne le pense et qu'elles possèdent en réalité les mêmes traits de caractères, simplement dessinés sous une apparence différente.

 Yeul mystérieuse du début à la fin, montre une véritable richesse mais d'une manière bien différente. Si la tragédie qui touche son personnage la rend tout aussi attachante, on  s'aperçoit au fur et à mesure de notre avancée que c'est à travers le prisme de son personnage que l'on découvre tous les autres. Là encore sans trop en divulguer, c'est à son contact, en interagissant avec elle que Noel, Serah et Caius finissent par nous dévoiler qui ils sont au fond d'eux. Figure centrale de l'histoire, son destin va forcer certains à bousculer le leur, à le provoquer et d'autres à l'accepter. Face à un Caius plus protecteur qu'on ne l'aurait pensé, à un Noel encore plus courageux qu'on ne l'avait imaginé et à une Serah plus solide qu'on ne l'avait cru, on finit par donner une toute autre dimension au personnage de Yeul au sortir de l'aventure et pendant tout son long. Par ailleurs, le drame qui la frappe rend son personnage bouleversant et l'empathie que l'on éprouve à son égard, si elle ne contribue pas à rendre Caius sympathique pour autant, permet tout de même de comprendre les motivations de l'antagoniste et ainsi de contribuer à rendre le scénario encore un peu moins manichéen. Enfin, le décalage qui existe entre son apparence chétive et qui tend à attirer la bienveillance et le poids de la tragédie qu'elle doit porter sur ses épaules ne fait que rendre Yeul plus attendrissante et plus belle encore.

       

 La beauté de FF XIII-2 réside également dans son univers. Là où son prédécesseur ne nous permettait que de survoler la mythologie sur laquelle il est fondé, cette séquelle nous donne la possibilité de l'explorer en y plongeant la tête la première. La direction artistique nous offre de superbes environnements qu'ils soient entièrement sauvages comme la steppe d'Archylte ou la Côte de Sunleth ou au contraire à la pointe de la technologie avec Academia. La double facette de cette dernière, extrêmement sombre et oppressante d'un côté lorsqu'elle se trouve infestée de Cie'th sous une pluie qui accroît la tension existante et son visage chaleureux, accueillant de l'autre, pleine de vie et grouillant de monde, rend son exploration très intéressante. Sans parler de la différence dans l'éclairage et des jeux de lumière entre les deux époques qui sont un véritable régal pour les yeux. Petit détail amusant : la hauteur sur laquelle est contruite la ville d'Academia qui laisse penser que les humains, bien que libérés de leur joug et n'habitant plus la cité flottante de Cocoon, semblent aspirer, consciemment ou inconsciemment, à retrouver ce paradis perdu en s'élevant des terres de Pulse, par le biais de bâtiments qui se dirigent toujours plus haut vers le ciel, de se rapprocher de leurs dieux disparus. Comme une sorte de réflexe primitif, quelque chose de génétique, inscrit dans leur ADN. Impossible de déterminer si cela est voulu ou non mais ce genre de petit rien contribue à rendre l'univers de XIII-2 encore plus vivant. La beauté et la tristesse qui se dégagent du paysage d'Oerba, village laissé à l'abandon ainsi que l'atmosphère ténébreuse qui émane des Monts Yaschas ne nous laissent pas non plus indifférents (entre autre chose).

 Et à l'intérieur de ces considérations purement esthétiques, viennent se greffer les Fragments, véritables mines d'informations qui permettent d'entrer plus en détail dans le mythe Fabula Nova Crystallis tel qu'il est repris dans cet épisode. La déesse Etro, son trône, Bunhivelze, les Clairvoyants, les malédictions, le Colisée, le passé de Caius ... tous ces éléments viennent enrichir considérablement l'histoire pour peu que l'on prenne le temps de s'investir dans leur lecture. Du détail insignifiant à de lourdes révélations en passant par des passages plus humoristiques, il y en a pour tous les goûts. Par ailleurs, la manière dont ils sont distillés est assez intelligente. Si vous les lisez au fur et à mesure que vous les récoltez, vous noterez qu'ils s'inscrivent parfaitement au sein du scénario. Mieux, ils vous font vous poser des questions supplémentaires sur la trame qui se déroule sous vos yeux. Mêmes ceux que vous amasserez au cours de vos quêtes annexes. D'ailleurs à ce propos, les quêtes annexes, si certaines se révèlent plus anecdotiques que d'autres, possèdent un mérite : celui de ne jamais trop nous éloigner du fil de l'histoire. En effet, la quasi-totalité reste liée aux paradoxes temporels (dans leur briefing, dans leur objectif), si bien que l'on reste plus ou moins imprégné de l'aura de mystère qui plane au-dessus de nos têtes. La récompense du Fragment ne fait que renforcer ce ressenti. Lorsque l'on prend du recul, on s'aperçoit qu?à travers ses personnages, ses environnements, sa mythologie, ses quêtes, FF XIII-2 forme un tout, un univers en symbiose, riche et détaillé, duquel on ne sort jamais véritablement. Cette cohésion insufflée par le travail de la direction artistique et l'ensemble des équipes de développement fait de cet épisode un Final Fantasy tout aussi prenant et propice au voyage que l'ont été ses ancêtres.

 

The sound of music

 L'OST de Final Fantasy XIII-2, bien que constituée de hauts et de bas, n'en reste pas moins superbe. Certes, nous sommes bien loin des véritables musiques d'ambiance, beaucoup plus neutres que l'on retrouve dans le jeu vidéo, ainsi que de ce qui nous est proposé habituellement dans la série Final Fantasy. Mais hormis quelques compositions un peu trop en décalage avec l'univers ou avec la situation, une grande majorité des musiques semble avoir été calibrée au millimètre. Certaines soulignent parfaitement la personnalité et le passé des personnages quand d'autres habillent subtilement les paysages qu'elles mettent en valeur. Qu'il s'agisse de la mélodie empreinte de tristesse et teintée d'un soupçon d'espoir qui accompagne Noel ou des chants solennels et véritablement épiques qui soulignent la facette intraitable de Caius en passant par les mystérieux et envoûtants (et parfois oppressants) violons qui sévissent sur les Monts Yaschas ou encore du dynamise impulsé par les tonalités électroniques et par la voix de Joelle sur la Steppe d'Archylte, ce qui pouvait s'apparenter à un patchwork décousu de sonorités se révèle être un feu d'artifice qui ravit nos oreilles. Même si cette bande originale n'est pas exempte de tous défauts, loin s'en faut, son audace, sa fraîcheur, sa diversité et son caractère atypique valent le détour. La liberté de création accordée à Masashi Hamauzu, Naoshi Mizuta et Mitsuto Suzuki est au final payante.

       

 Bien sûr, certaines pistes se révèlent plus banales tandis que quelques-unes nous paraissent trop dynamiques au vu du peu d'action de la scène ou au contraire pas assez énergique. Quelques bémols qui n'entachent en rien le plaisir de jeu. Seule ombre au tableau sur la centaine de mélodies qui remplissent les 4 CD de l'OST : le fameux Crazy Chocobo. Une musique qui, si elle sied au Chocobo sauvage, n'en reste pas moins incompréhensible et assez difficile à écouter. Et même si toucher à LA musique des chocobos peut paraître une hérésie pour certains, peut-on juger l'univers musical de XIII-2 uniquement là-dessus ? Non, bien évidemment. Au final, cette Original Soundtrack travaillée par trois compositeurs à la patte bien différente se savoure de la même manière qu'un nouveau Final Fantasy : en passant outre les clichés et autres conventions établies et en faisant fi des précédents épisodes. En prenant le temps de s'intéresser à ce que l'on nous propose à l'instant présent, sans aucun parti pris, sans aucun préjugé.

 

Square Enix a bien entendu les joueurs et leur propose à travers Final Fantasy XIII-2, un épisode correspondant à leurs attentes. Cartes aux multiples embranchements, environnements grouillant de PNJ, présence de mini-jeux et de nombreuses quêtes annexes, liberté d'exploration démultipliée, Final Fantasy XIII-2 devrait réconcilier avec la licence les joueurs déçus par son grand frère. De leur côté, les innovations apportées ajoutent du rythme à un gameplay déjà bien nerveux ainsi qu'un vent de fraîcheur permettant au titre de ne pas tomber dans la routine. Mais l'une des forces de ce Final Fantasy réside dans ses personnages qui en dépit des apparences se révèlent bien plus travaillés qu'il n'y parait ainsi que dans son univers, imparfait de par son scénario parfois un peu trop tortueux et approximatif, mais extrêmement riche. Une (re)lecture approfondie de l'histoire devient alors très intéressante. A l'heure où beaucoup de productions ne demandent que peu d'efforts au joueur pour intégrer leur monde, Final Fantasy XIII-2 nécessite un investissement minimal de la part du joueur pour en extraire toute la subtilité, la profondeur et la beauté. Son invitation au voyage fait de cet épisode un véritable Final Fantasy.

 

                                                                          

- Profondeur et richesse de l'univers

Personnages travaillés et intéressants

- Beauté des environnements

                         - Quêtes annexes et mini-jeux nombreux et variés       

                         - OST envoûtante

 

 

- Histoire assez ambigüe 

- Scénario principal un peu trop court

- Quelques copier-coller (bestiaire, combats, environnements)

                         - Certains temps de chargement assez pénibles           

 

 

       

Très bon    


8 commentaires


LightXIII le 05/05/12 à 19h16

Superbe test Wilh !
Ta description des personnages est tout bonnement excellente ! Je suis d'accord avec toi sur de nombreux points sauf ce lui-ci : les graphismes n'ont jamais bugué chez moi, pourquoi ? Je ne sais pas, j'ai pas eu de baisse de fram-rate ou autre.
Quant à la musique j'adhère : cette OST a des points noirs, mais elle n'en reste pas moins de très bonne qualité, elle est tout simplement différente des autres OST de FF. Grosse déception aussi à Fortuna

PS : J'adore les petits Mog heureux et triste pour les+ et les -

seymour le 05/05/12 à 19h58

Test très bien réalisé, il est long mais aborde tous les points du jeu. C'est une bonne synthèse qui donnera toutes les clés en main pour ceux qui s'intéressent à ce XIII-2.

Bon, moi j'ai déjà plié le jeu, mais je me suis reconnu dans ce que tu as écrit. L’attachement des personnages, le scénario moins cohérent mais bien réussi dans sa globalité et cette fin qui m'a fait réfléchir plus d'une fois. Mais aussi le Coeur de l'Histoire qui permet de progresser à son rythme, le système de combat déjà bien dynamique même si peu d'innovation pour ce dernier et les quêtes-annexes plus variées.

Pour l'OST, elle dénote avec ce qu'on a l'habitude mais j'aime bien le changement et in-game je n'ai eu aucun rejet, c'est un patchwork mais qui s'intègre dans l'ensemble bien à ce XIII-2. Juste un bémol pour certains personnages importants du XIII qui faisaient presque de la figuration. Ainsi que pour les jeux de Fortuna, pour ma part, je ne les ai pas du tout trouvé amusants.

La note est bien méritée et comme LightXIII, j'aime les petits mogs.

Wilhelm le 05/05/12 à 20h00

Merci pour votre participation.

Caius-Ballad le 05/05/12 à 20h25

Alors voila pourquoi tu voulais un Mog avec le ponpon qui Frétille!
Sinon exellent test, un des meilleurs et des plus objectifs que j'ai lu jusqu'a maintenant! Comme Seymour, je me suis aussi reconnut dans ce que tu decrivais, surtout quand tu parlais d'une Oerba triste...que j'etais triste quand j'ai decouvert le petit robot Bahkti tout seul sur la place! D'accord avec toi aussi pour l' OST,que je trouve vraiment exellente(combien de fois ais-je ecouté Le theme de Caius, qui pour moi est la meilleur piste)J'ai aussi etais extremement dessus par fortuna qui est vraiment minuscule et sans grand intéret(heureusement que mystique est la pour augmenter le taux de fréquentation du parc!)
Voila Voila, merci pour ce test superbement realisé!
Pour moi ce FF est vraiment très differant des autre et se demarque en sortant du cliché "mechant qui trop fort qui veut detruire le monde et les heros qui l'arette in-extremis"(meme si je pense que les autres FF sont bien plus que ca!)

Lady le 05/05/12 à 23h49

Les petits Mogs étaient déjà sur le test du DLC "pile ou face", sinon excellent test

Lowl le 07/05/12 à 20h23

Excellent test certe long mais pas rébutant, du moins pour moi. Je l'aime beaucoup, il y a pleins de petits détails mentionnés et c'est pour moi ce qui rend un test meilleur ! En tout cas j'étais d'accords sur plusieurs points avec toi, comme la qualité graphique quelque peu ti peu basse sur les séquences vidéos : L'eau, l'armure trop brillante de Lightning, les cheveux... Ca te rappel pas quelque chose sur Tweeter ? ^..^. Par contre je Hais la musique de la Steppe d'Archylte lorsque le soleil vient envahir la belle pleine... Beurk. D8
La petite mention du robot Bakti de Vanillle ma touché (lol), dommage qu'il n'y ait aucunes interactions avec les plusieurs petits robots qui tournent en rond sur la place d'Oerba.
Le jeu m'a un peu déçu par rapport aux faits que les "Séquences de libres de choix" ne possédaient casi aucunes influences sur le déroulement de l'histoire, qu'aucuns des choix faits n'aient aucunes conséquences. Ou bien même les Cinématiques Actions qui n'apportent que des bonus si on les réussi et des malus si on ne les réussi pas, en bref je n'ai pas eu ce sentiment "d'être" la personne dont les choix et les actions n'affectent en aucuns cas le cours de l'histoire. C'est un peu dommage car je m'étais attendu à quelque chose comme ça durant l'actualité.
Pour parler du gameplay, oh... J'ai peu à dire : J'attendais plus et mieux. (je me répète aie...) Ah si ! On peut ENFIN sauter ! Même sil y'a ces maudits murs invisibles.
Tu l'as très bien écris chaque environnement visité possède sa propre ambience différente, mais je regrette tout de même la taille pas assez grande des cartes (Foturna, la Steppe) et les lieux qui sont tous pareils (snif j'voulais visiter Valhalla en grandeur nature pas dans l'abîme du temps moi !)
Oh maintenant la partie concernant les personnages... Qui est très bien ! Seulement tu as à peine mentionné Lightning et oublié complétement Hope ! Qui plus est le seul des héros de FFXIII qu'on re-découvre sous une autre forme et avec un véritable changement ! Snif..
J'étais pas trop fan de l'OST au début de mes premières écoutes, mais finalement les musiques collent vraiment bien à l'univers de FFXIII-2. Et c'est cet audace, ce changement aussi qui fait la qualité de cet OST.

Boooh j'ai plus rien à dire, très bon test.

Wilhelm le 08/05/12 à 18h34

Je parle de quelques effets lorsque l'écran est trop chargé ou de quelques textures. La qualité des cinématiques est la même dans XIII-2 et dans XIII. Je ne trouve rien à redire sur les cheveux de Lightning ni sur son armure.

Les séquences de libre choix ne sont pas là pour influencer le scénario mais pour personnaliser un peu l'aventure dans le sens où ton personnage pose les questions que toi-même tu te poses.

Je n'aborde pas Lightning car il n'y a rien à en dire dans la mesure où sa présence est la plupart du temps suggérée par sa voix et que la rareté de ses apparitions ne permet pas de tirer grand chose sur son personnage. Pour Hope, vu la longueur du texte, il a fallu que je fasse un choix. Comme le personnage est secondaire, même s'il a changé, il n'y a pas lieu d'en écrire des tonnes sur lui.

ilanpifan le 15/02/13 à 17h56

C'est vrai que le chargement des fois il soule ! Mais sinon, il est très bien !! Les labyrinthes temporels sont pas mal, des petites anomalies ne peuvent pas faire de mal !!!

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